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Blessures, douleurs : comment pratiquer sans risques ?

Allo, yogi, Bobo _

 

Une blessure au poignet, au genou, aux cervicales, on peut en rencontrer aussi sur un tapis. Mais on ne le dira jamais assez : un yoga qui fait mal est un yoga mal fait. Nombreux sont les yogis qui en ont fait les frais, tous niveaux confondus.C'est arrivé récemment à notre Lutin local, qui, une fois réparé est parti enquêter sur le sujet afin d'éviter aux yogis de la Bulle de subir le même sort. Comment pratiquer sans se faire mal ? Et que faire quand on s'est blessé ?

Allô, yogi, bobo ?

Crâââc.

Oh oh. Le bruit que ma nuque vient d'émettre m'inquiète. Avec précaution, je redescends de mon Sirsasana et me place en posture de l'Enfant, soit l'équivalent de la PLS pour un yogi. Bon, plus de yoga pour aujourd'hui, même si pour une fois j'avais réussi à vaincre ma peur et à me lancer en équilibre sur la tête loin du mur. Zut et re-zut. Oh, bon ça va, j'ai pas trop mal. Je recommencerai demain.

48h plus tard, totalement immobilisée sur le sol, je fais vraiment moins la maligne. Minerve, radios, et surtout pas d'asanas pendant 15 jours. Plutôt que de céder à la frustration et au découragement, j'ai essayé de comprendre pourquoi, parfois, le yoga, ça peut faire mal et comment éviter ça.

L'expertise de Marije

Qu'est-ce qui fait que malgré l'habitude, il arrive certain jours qu'une posture familière fasse le crac de trop ?

J'interroge Marije à ce propos. Prof de Vinyasa, Power et Yin depuis plusieurs années, elle a déjà connu plusieurs blessures de yogi qui à elle aussi, lui ont beaucoup appris.

"La première fois que je me suis blessée, c’était en tant qu’élève. J'ai toujours été très souple et j'avais tendance à trop forcer dans ma pratique en Iyengar et en Ashtanga, sans avoir développé le contrôle nécessaire pour ne pas me blesser. Je me suis blessée à l'épaule, plus récemment au genou en montrant un Lotus à mes élèves. Ce sont des blessures fréquentes, surtout chez les personnes hyperlaxes. Dans ce cas, il faut privilégier les styles de yoga ou des postures qui renforcent les muscles pour protéger les articulations et donner plus de contrôle au mouvement. Et bien sûr, toujours toujours pratiquer en conscience. Etant prof, le risque c'est d'être mentalement avec les élèves dans la salle et pas assez dans mon corps, c'est là qu'une démonstration peut vite devenir dangereuse si on se précipite." 

Conscience

Maintenant que j'y pense, avec un peu de recul, je vous avoue que mon Sirsasana n'était pas vraiment bien posé dans ma tête.  A vouloir pratiquer à tout prix avant d'aller travailler, j'étais plus attentive à l'heure qui tournait qu'à mes sensations et aux précautions à prendre dans ce genre de postures.

"En sanskrit, yoga signifie union. Entre le corps et l'esprit et entre les différentes couches sur lesquelles on travaille. C’est le travail mental qui fait que tu te connectes à ton corps et qu'il est prêt à pratiquer les asanas, qui ne sont qu'une partie seulement du tout que forme le yoga. Souvent on se fait mal quand on sort d'une période difficile, de fatigue et de stress. On est trop dans l'action, on travaille avec force, sans prendre le temps de la méditation. Sur le Yang sans penser au Yin, et ça crée un déséquilibre jusqu'à ce que le corps lâche et le signale par une blessure."

Équilibre

J'entends souvent les profs me dire de mettre de la douceur dans ma pratique. Tout ça me paraissait plutôt obscur jusqu'à un cours d'Align où il fut question de relâcher la langue, le ventre et le regard, tout en maintenant l'alignement de Trikonasana. Trouver l'équilibre entre la tension et le relâchement. Au lieu d'extérioriser la conscience en pensant à tourner toujours plus la cuisse vers l'extérieur et descendre plus bas, ce petit relâchement intérieur m'apaisait d'un seul coup pour mieux ressentir l'ensemble de la posture depuis l'intérieur de mon corps, et j'aurais presque pu rester là pendant des heures.

"Il faut s’autoriser à profiter de tous les aspects du yoga et pas seulement le travail physique. Conscience, respiration, et prendre le temps de profiter de la posture, c'est aussi important que de trouver la posture qui sera juste pour ton corps. Personne d'autre que toi n'est dans ton corps, pas même le prof. C'est pour ça que c'est à chacun prendre le temps de connaître son corps au lieu de vouloir progresser ou atteindre son but."

Adaptation

"On change tout le temps et chacun d'entre nous est différent, avec un corps plus ouvert par ici, plus fermé par là. C'est pour cela qu'on doit interroger en permanence son corps et son état mental, et adapter sa pratique en fonction, intelligemment. Le Sankalpa, l'intention qu'on met derrière notre pratique de yoga évoluer en fonction des jours et de ce qui est accessible pour nous, à ce moment là. " 

C'est l'intérêt de tester des styles de yoga différents, parfois opposés, car tous sont complémentaires. C'est aussi pour cette raison que beaucoup profs de Vinyasa ou d'Ashtanga font aussi du Yin.

 

Quelques conseils pour pratiquer sans risques

  • Arrivez en avance pour avoir le temps de vous poser avant votre cours. On profite mieux d'un cours à 20h où on a pris le temps d'arriver plutôt qu'un à 18h30 auquel on arrive essoufflé en sortant du travail

 

  • Ne zappez pas la méditation : c'est le moment où vous entrez dans votre pratique, où votre conscience se déplace dans tout votre corps qui vous signale votre état physique ou émotionnel.  Ecoutez-le !

 

  • N'ayez pas peur de raconter vos soucis de santé au prof. Fragilité des articulations, début de grossesse, opérations ou blessures récentes, problèmes chroniques ou passagers, tous vos soucis de santé sont important à faire connaître au professeur. Je vois passer tellement de gens qui n'osent pas dire de qu'ils ont de peur d'avoir l'air de se plaindre ou parce qu'ils pensent que ça n'est pas important. Les postures ont des effets réels sur votre corps qui peuvent être intenses, et le prof ne peut pas correctement vous accompagner si vous ne lui donnez pas toutes les clés de compréhension de votre corps.

 

  • Testez ! Essayez de temps en temps le cours d'un prof que vous ne connaissez pas, notez mentalement ou sur un carnet les postures que vous aimez bien et celles que vous aimez moins et... pensez à pratiquer aussi ces dernières de temps en temps.

 

  • Restez libres de ne pas tenir les règles que vous vous fixez. Vous aviez décidé de pratiquer 1h de Vinyasa par jour pendant 1 mois ? Le challenge a du bon... seulement si on sent que ça nous fait du bien. Il vaut mieux raccourcir une séance ou trouver une pratique plus douce plutôt que se déséquilibrer et rester coincé pendant 2 semaines, croyez-moi sur parole.

 

  • Sachez renoncer. Pas le temps, pas en forme ? Aujourd'hui vous ne le sentez pas ? Pas de problème, il vaut mieux annuler votre cours plutôt que de le maintenir et vous forcer à faire une séance qui ne correspond pas à votre énergie du moment. Peut-être qu'un peu de pranayama ou de méditation suffiront pour aujourd'hui ? Ou pas !

 

  • Et surtout, donnez-vous du temps. Le yoga, c'est l'expérience d'une vie. Quelque soit votre âge, vous avez encore de nombreuses années devant vous pour progresser et apprendre des postures difficiles. Si vous commencez le yoga en vous donnant pour but de maîtriser la posture du Scorpion et de perdre 10 kilos en 6 mois, votre corps risque très vite de vous faire comprendre que le yoga n'est pas une discipline qui peut se forcer sur votre corps.

 

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